SOUVENIRS D'ISSOIRE
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C'était au temps…ou BREL s'envolait
A
la fin des années 60, Jacques Brel a compté parmi les heureux propriétaires des
avions Wassmer construits à Issoire. Vingt ans après sa mort, la discrétion et la
générosité du grand Jacques restent toujours gravées dans la mémoire de ses
amis.
Il
est beau et il sent le neuf, le Super Wassmer qui vient de sortir des usines
issoiriennes, dont les bâtiments jouxtent l'aérodrome. En cette fin novembre
1969 le froid est vif mais le nouveau propriétaire de l'avion n'en a que faire.
Il traverse le tarmac d'un pas assuré. Bien emmitouflé dans sa veste fourrée en
mouton et une casquette à carreaux vissée sur la tête, ce pilote c'est Jacques
Brel. Il s'est accordé quelques semaines de repos dans la cité de
saint-Austremoine pour prendre en main les commandes de l'appareil.
Car
le chanteur est aussi un passionné d'avions. Après deux engins volants achetés
d'occasion, le voilà propriétaire d'un avion flambant neuf. Dans la ville,
Jacques Raynaud, a été parmi les premiers à voir Jacques Brel arriver. Jacques
Raynaud tenait à l'époque l'hôtel le Parc au 2, avenue de la Gare : Un jour,
jean pierre Dumont, le PDG de Wassmer Aviation, me téléphone " : je
t'envoie quatre clients ". Et voilà Brel accompagné de jojo Pasquier, son
impresario !"
Très
vite les deux Jacques deviennent bientôt inséparables. Car autour des
passionnés d'avion gravite une joyeuse bande de copains. "Si bien que la
limonade de Reims et le tilleul d'Ecosse coulaient à flot", rigole
Raynaud, avec son franc-parler légendaire.
Les
soirées succèdent aux fêtes : "J'avais même du mal à fermer le magasin
!", mais c'était pour mieux profiter de la nuit. "Qu’on finissait
chez Pierre Bournet à Vodable ?"
Parmi
eux, il y avait "la zette", championne du monde d'altitude de vol à
voile. Pour l'hôtelier, aujourd'hui à la retraite, Brel "était un gars
simple et généreux, pas un rouleur de manivelle ".
La
journée, jacques Brel retrouve sa passion et passe l'après midi à arpenter le
terrain. Puis, son apprentissage terminé et ses papiers en règle, il repart
voler au-dessus de son "plat pays".
Quelques
mois plus tard, le chanteur belge atterrit à nouveau à Issoire, cette fois pour
faire réviser son avion. Ce jour-là c'est André Florisson qui est au bureau de
l'aéroclub et qui voit débarquer deux hommes : "jacques Brel annonce-t-il
en lui tendant la main, et voilà mon ami jean. Rassurez-vous on ne vit pas
ensemble !"
Professeur
d'électronique à l'école des sous-officiers, André Florisson possède alors un
petit Jodel monoplace "avec un moteur de Volkswagen coccinelle. Sa forme a
beaucoup amusé Brel qui l'appelait "la bête". Il a même effectué un
tour avec.
C'est
reparti pour trois semaines de fête, Jacques voulait tous payer cela en était
même gênant. Jacques a-t-il chanté durant ses soirées issoiriennes ? Oui mais
des chansons paillardes ! Le reste du temps, l'homme restait discret,
"toujours le dos à la porte ", se rappelle jacques Raynaud. Brel sera
vu une dernière fois à Issoire en transit à l'hôtel le Parc. Il devait rester
la journée. Il n'en repartira que le lendemain matin, après une nuit gaie et
arrosée. Vingt après la mort de l'artiste, jacques, André et les autres se
souviennent.
De
leur ami belge, son rire sarcastique résonne encore dans les hangars de
l'aéro-club.

Passionné d'aviation, jacques Brel est venu s'essayer au pilotage
de son avion tous neuf, un Super 4 WASSMER. C'était en 1969 l'occasion de se
faire une belle bande de copains à Issoire.
ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL LA
MONTAGNE EN FIN 1998
Sur les paroles
de jacques Raynaud qui tenu l'hôtel le Parc de 1956 jusqu'en 1989 date ou il me
le céda.
Roger ROBIN 